La publication, la semaine dernière, d’extraits choisis de courriels entre scientifiques a relancé la théorie du complot à l’égard du réchauffement climatique et de l’impact de l’humanité sur son environnement. Après tout, les textes publiés laissent entendre que certains défenseurs de la théorie du réchauffement climatique étaient prêts à manipuler la façon dont les données étaient présentées dans un article afin d’augmenter l’impact de celles-ci. Après ces révélations, peut-on encore faire confiance à la communauté scientifique ?
Tout d’abord, il faut le reconnaître : les scientifiques sont des individus comme les autres avec leurs craintes, leur désir d’être reconnus et leur besoin de réussite. C’est ce qui fait que la fraude existe en science, comme dans les autres secteurs d’activité humaine. Par contre, la structure de la communauté scientifique se sert de ces qualités et défauts particulièrement humains pour limiter la fraude et a collusion. Après tout, chaque scientifique a intérêt à faire prévaloir son point de vue tout en s’assurant que personne ne lui vole ses découvertes. Il ou elle doit donc garder à l’oeil à la fois les opposants à ses travaux et ceux qui pourraient le devancer. Un travail frauduleux qui obtient est toujours beaucoup plus rapidement mis à jour que sil passe inaperçu....
La difficulté avec la question des changements climatiques est que l’opinion des scientifiques a un impact direct sur les décisions politiques et le futur de la planète, ce qui fait que la pression sur les scientifiques est beaucoup plus grande et que les mécanismes d’auto-correction peuvent avoir des ratés. Ainsi, les scientifiques qui découvrent l’ampleur de la catastrophe à venir peuvent difficilement conserver leur sang-froid devant l’inaction des gouvernements et présenter une attitude complètement détachée. Après tout il s’agit aussi de leur avenir et de celui de leurs enfants. Malgré tout, le réchauffement climatique est maintenant confirmé par de nombreuses mesures indépendantes : recul des glaciers, température moyenne continentale, etc. Ces mesures sont faites par des scientifiques de différentes disciplines utilisant des méthodes qui n’ont rien en commun, diminuant les risques d’erreur systématique ou les positions communautaires.
Cela ne veut pas dire que l’on doivent bâillonner les opposants au réchauffement climatique. Toutefois, il faut exiger d’eux le même professionalisme scientifique, ce qui fait souvent défaut : les opposants les plus vocaux sont avant tout des activistes qui sont prêts à beaucoup de liberté avec la science pour faire passer leur message.
Quoi que l’on veuille croire, la grande majorité de analyses scientifiques suggèrent que le réchauffement climatique est réelle et qu’il est surtout dû à l’activité humaine. Là s’arrête le travail des scientifiques. Décider de ce que nous ferons de cette information relève de la politique, pour le meilleur et pour le pire.

